Les ressources alimentaires à Doutchi proviennent de deux origines, les champs qui produisent le mil et le niébé (petit haricot), et les parcelles maraîchères qui produisent des légumes verts (salade, moringa..) et depuis 2005, des pommes de terre.

Les conditions climatiques, de type sahélien, sont caractérisées par une courte saison humide (juin à septembre) pendant laquelle la pluviosité est en moyenne voisine de celle de la région parisienne mais les pluies peuvent être très espacées et violentes ce qui pose des problèmes d’érosion. Pour récupérer les terres ou limiter l’érosion, une politique de soutien à la pose de cordons pierreux a été soutenue en complément des gros travaux de lutte contre le ruissellement réalisés autour de la ville (voir onglet ruissellement).

Pendant la saison sèche qui suit il n’y a aucune précipitation. Les seules zones cultivables sont alors situées autour de mares temporaires qui s’assèchent en février-mars (voir la situation agricole à Doutchi).

Deux types d’actions sont menées, dans les champs (voir Que faire? quelle a été la contribution de notre association) pour augmenter les rendements du mil et les revenus des agriculteurs d’une part, et dans les zones de maraîchage d’autre part, pour développer la culture de la pomme de terre (voir La pomme de terre, mieux qu’une solution de secours) et plus récemment pour lancer un projet l’irrigation par forage profond pour cultiver toute l’année (voir Irrigation et maraichage).

L’augmentation de la production de céréales et des revenus agricoles est partie d’une initiative locale qui a consisté à montrer l’intérêt à chaque agriculteur d’utiliser une de ses parcelles (1 ha, appelée champ-école)  pour mettre des semences améliorées associées à des micro-doses d’engrais  (culture en poquet). Démarrée avec quelques producteurs dans un seul village, cette approche s’est rapidement diffusée en raison du succès (rendement presque doublé). En 2013 170 agriculteurs avec 230 ha sur 5 villages ont adhéré à ce projet. Cependant, ce résultat n’est possible que grâce à la conjonction de trois éléments : 1) techniques agronomiques améliorées, 2) financement par prêt des semences, des engrais et du stockage des récoltes, et 3)  organisation paysanne au niveau de chaque village. En effet, un microcrédit, fourni par le Crédit Mutuel du Niger, est nécessaire pour tous les achats; le remboursement se fait à la vente quand les cours sont remontés à des niveaux raisonnable (avril de l’année suivante). Ce procédé permet une protection contre les spéculateurs qui achètent à vil prix la récolte au moment où les agriculteurs ont un besoin urgent d’argent. Cela suppose toutefois l’existence de magasins de stockage sécurisés vis-à-vis des prédateurs. Ces locaux ont pu être construits dans quatre villages à l’aide d’une partie de la subvention du Ministère Français des Affaires Étrangères (MAEE). L’aspect organisationnel est tout aussi important car le fonctionnement en communauté permet d’échanger les expériences, de partager les actions de formation et surtout pour les agriculteurs de s’initier à la prise en main de façon complète et autonome des relations avec les fournisseurs, la banque et les acheteurs. Le bilan montre pour trois années de pluviosité correcte un gain moyen stable de rendement de 70% par rapport aux parcelles voisines cultivées traditionnellement par le même agriculteur (voir onglet Agriculture). L’analyse des comptes d’exploitation individuels montre que tous les agriculteurs du programme champs-écoles ont des bilans positifs avec des bénéfices dépassant le plus souvent 50% de leur chiffre d’affaire. La résilience de l’approche a été testé lors de la sécheresse 2011 et a permis de mettre en œuvre des solidarités collectives (voir Que se passe-t-il en cas de sécheresse?).

Le maraîchage a lieu principalement autour de la Mare TapKim Saw située prés de ville. Cette mare alimente une nappe superficielle à la saison humide jusqu’au mois de février-mars. La zone de maraîchage couvre 17 ha cultivée traditionnellement en légumes verts mais au moment de la grande sécheresse de 2005 qui a provoqué des famines, les maraîchers ont pu bénéficier de semences de pomme de terre gratuite par l’association bretonne Agriculture sans frontières. Ils ont su rapidement s’organiser pour en faire une activité commerciale bénéficiaire (voir La pomme de terre, mieux qu’une solution de secours). La sécheresse de 2011 a aussi conduit à rechercher une parade. Ainsi une étude hydrogéologique et technique a été montée pour établir un projet d’irrigation de 80 ha, douze mois sur douze pour le lequel le financement d’une première tranche de 33 ha est actuellement recherché (voir Projet d’extension du maraichage).