Hygiène et ATPC : une démarche motivante

Dernières modifications : 04-Nov-2017

Au Niger comme dans tous les pays pauvres, plus de 90% des ménages vivant dans les zones rurales n’ont accès à aucun service d’assainissement et pratiquent la défécation à l’air libre (DAL), ce qui a des conséquences sanitaires très sérieuses notamment sur les enfants. La construction de latrines est donc essentielle.

Dans le centre de Doutchi, elles sont réalisées à l’aide de prêts. voir les premières latrines à Dogon Doutchi

Dans les villages avoisinants, celles qui ont été construites en 2011 avec l’appui de l’AESN se sont effondrées à 65%. Etaient en cause le choix du terrain, la qualité des matériaux, la compétence des maçons, mais aussi la motivation de la communauté à changer ses habitudes.
La décision a alors été pris e d’aborder la problème par la méthode ATPC. De quoi s’agit-il ?

 

A.T.P.C. : Assainissement Total Piloté par la communauté.

L’A.T.P.C. est une approche intégrée, initiée par l’UNICEF, qui consiste à encourager une communauté villageoise à analyser sa propre situation en matière d’hygiène et d’assainissement, ses pratiques en matière de défécation et leurs conséquences. L’éradication de la DAL est vue comme le point de départ du changement de comportement en matière de prise en charge de l’hygiène et de la santé.

Une démarche éducative complète est mise en place. Dans une phase préparatoire, on choisit certains villages suivant des critères précis : de préférence des communautés de petite taille, à forte cohésion sociale, où les femmes ont leur mot à dire et où peut se dégager un leadership jeune et progressiste. La phase principale (« déclenchement ») consiste à aider la communauté à prendre conscience de la situation, ce qui suscite une réaction collective visant à en finir avec le DAL. Toute la communauté villageoise est ainsi mobilisée de façon très concrète. (voir « la marche de la honte, « le test du verre d’eau » dans la vidéo d’une réalisation dans une autre région du Niger)

 

S’ensuit une phase d’accompagnement extrêmement importante, où les animateurs revisitent les villages concernés pour assurer le suivi, évaluer avec la population les changements observés en matière de DAL, les problèmes rencontrés. L’encouragement est important, et une fois cette étape franchie d’autres sont possibles comme le lavage des mains, une manipulation saine des aliments et de l’eau.

Qu’en est-il pour les villages de Doutchi ?

Vu les problèmes rencontrés en 2011-2012, la campagne 2013 a eu pour objectifs :
– de reprendre une démarche avec certains des « anciens » villages où l’effondrement des latrines était dû à des conditions pratiques problématiques et non à un manque de motivation. Des villageois ont reçu une formation de maçon, ont appris à choisir les endroits les plus adaptés et ont reçu le petit matériel nécessaire.
– D’avoir une démarche complète bien adaptée dans de nouveaux villages où la coopération a réalisé des points d’eau (puits ou forage)

Bilan de la campagne 2013

Trois cent vingt-quatre latrines ont été réalisées pour une prévision de 250. Au total 25 latrines se sont effondrées après la saison des pluies, soit 0,07%. Ces effondrements sont dus essentiellement aux importantes pluies enregistrées, aux termites ou à l’état du terrain qui favorise le ruissellement. Il semble donc pour le moment que ce bila soit extrêmement positif.