Campagne agricole 2018 : bons rendements en mil et niébé qui compensent les pertes de 2017

Dernières modifications : 04-Avr-2019

Après une mauvaise campagne 2017 en raison de la sécheresse, l’année campagne 2018 a permis de retrouver les rendements d’une année correcte soit près de 7 00 kg /ha avec un gain de 60% par rapport aux champs cultivés traditionnellement. Les défauts de remboursement des prêts ont été compensés et les bilans d’exploitation sont tous favorables.

Rappel campagne agricole 2017 et bilan du remboursement des prêts .

Le redémarrage des champs-écoles grâce au financement AFD avait permis le recrutement de producteurs solvable au sein des 5 organisations paysannes villageoises existantes (OP) et le choix de deux nouveaux villages pour l’organisation du pré-achat des semences et d’engrais et la mise en place de l’aide au labour. Au total dans les 7 villages, 218 producteurs pour une superficie de 246 hectares pour la culture du mil et 145 hectares pour la culture du niébé avaient été bénéficiaires. Dans trois villages (Argoum, Togone et Chakafaché) l’apport d’engrais avait été complété par du compost qui a permis une meilleure germination et une meilleure rétention d’eau confortant ainsi les formations en agroécologie.

Malheureusement l’insuffisance de pluie et surtout leur mauvaise répartition (pas d’eau en fin de saison) a conduit à de très mauvaises récoltes, au nord en particulier. Les rendements en mil avait été à peine supérieur à 200 kg/ ha contre 700 kg/ha en année normale. Cela avait conduit à une situation financière le plus souvent déficitaire avec une difficulté de rembourser les prêts pour les semences, l’engrais et le labour.

Malgré cette situation, l’opération de recouvrement de prêt-agricole a été lancée. Au total, sur les 16 800€ de prêts accordés, 9 000 € (52%) ont été recouvrés en 2018 avec de très grandes différences entre les villages du sud (100%) qui ont même pu rembourser les prêts antérieurs non soldés et ceux du nord (20%) très affectés par la sécheresse.

 Campagne agricole 2018 : bons rendements qui compensent les pertes de 2017

Le montant insuffisant de recouvrement des prêts a empêché d’étendre à de nouveaux villages, comme c’était prévu, l’opération champs-écoles. Elle a aussi conduit à restreindre les prêts semences-engrais-labour aux villages qui avaient remboursés leurs prêts 2017. Afin de ne pas trop pénaliser les autres, les semences ont été fournies gratuitement et les échéances de leurs prêts 2017 ont reportées à 2019, sans intérêts.

Le nombre de villages est resté le même (7) par contre le nombre de producteurs de la campagne 2018 (247) dépasse un peu celui de la campagne agricole 2017 (218). En 2018 la superficie exploitée pour le mil est supérieure (265 ha) à celle de la campagne agricole 2017 (246 ha), tandis-que la superficie exploitée pour le niébé (69 ha) est très inférieure à celle de la campagne agricole 2017 (145 ha). Il en est de même pour la quantité d’engrais et les superficies labourées au tracteur en raison de la diminution des prêts.

La pluviosité totale (446 mm) voisine l’an passé a été beaucoup plus régulièrement répartie surtout en fin saison, là où les grains se remplissent, si bien que la récolte a été bonne puisqu’elle s’approche des 700 kg/m2 que l’on obtient les années normales. On retrouve un gain de 60 % dans les champs écoles par rapport aux parcelles voisines cultivées traditionnellement. Curieusement les deux villages qui n’avaient pu rembourser leur prêts 2017 faute de récolte suffisante et n’ont donc pas reçu d’engrais, ont des rendements presqu’équivalents à ceux qui en ont reçu. L’explication de ce paradoxe proviendrait du fait qu’un certain nombre de producteurs ont acheté directement l’engrais sans faire de prêt et qu’ils ont utilisé le compost produit. Il n’en reste pas moins que dans les villages où il y a eu de l’engrais fourni, il n’y a pas de relation claire entre la quantité d’engrais et le rendement. Cela signifie qu’il faut mieux optimiser l’apport d’engrais en fonction du développement des plantes. Nous avions déjà diminué par deux l’apport d’engrais sans effet sur le rendement dans des années antérieures. Il faut continuer dans cette direction.

Ces bonnes productions ont abouti au fait qu’aucun producteur n’a eu un bilan d’exploitation négatif et permet d’espérer que 100% des prêts de campagne 2018 et le reliquat de 50% de ceux de 2017 pourront être remboursés.