Tranche 2 du maraichage par irrigation 12 mois sur 12 (état octobre 2018)

Dernières modifications : 15-Déc-2018

Le voyage à Niamey de Jean-Louis Prioul, responsable du programme « Sécurité Alimentaire à Dogondoutchi », du 22 au 25 octobre 2018 a permis de faire le point à six mois de la fin (avril 2019). Le délai seront tenus puisque l’achèvement des travaux de la deuxième phase est prévu fin 2018.  Cependant les délestages de plus en plus longs et fréquents du réseau électrique qui alimentation les pompes d’irrigation et les climatiseurs des magasins de stockage risquent de mettre en cause la viabilité du projet. Un plan pour un financement pour un financement d’urgence de panneaux solaires a été mis sur pied.

Ce programme de trois ans financé à parts égales par l’Agence Française de Développement (AFD) et le gouvernement nigérien avec une contribution complémentaire très significative d’Agro-sans-frontière-Suisse arrivera à son terme dans 6 mois. Il était donc nécessaire de réunir tous les partenaires, financeurs et acteurs sur le terrain (RAIL, FCMN, maire de Doutchi), pour faire le point sur le déroulement du Programme afin d’analyser l’état actuel des réalisations, de se mettre d’accord sur les actions à prendre et les inflexions éventuelles pour terminer le programme en avril 2019.

Ce programme a été exposé à Niamey aux maires des six communes du Département de Dogondoutchi pour discuter de leurs besoins et voir comment il peut servir de pilote pour une ou des réalisations futures.

Rappel des objectifs

Les objectifs du programme étaient principalement la mise en place de l’irrigation, 12 mois sur 12, de 33 ha de champs maraichers sur la commune, à partir de forages profonds (200 m). Il y avait deux phases. La première achevée en novembre 2017 sur 17 ha portait sur la réhabilitation des deux sites existants (TK1 et TK2) situés autour de la mare de TapKin Saw et irrigués jusqu’à présent par une nappe superficielle qui s’épuise en 3-4 mois après la saison des pluies. La seconde visait à la création de 2 nouveaux sites de chacun 8 ha, l’un situé proche de TK1 et l’autre du village voisin de Togone dont la livraison est prévue pour fin 2018. En parallèle à ces améliorations des sites de production, notre partenaire suisse associé à la Fédération des coopératives maraichères nigériennes (FCMN), a permis la réalisation de locaux de stockage réfrigérés pour la conservation et l’étalement dans le temps de la commercialisation des pommes de terre produites.

Quelles sont les réalisations et les difficultés rencontrées?

Lors de la première campagne d’essai de culture (novembre 2017-février 2018) une mauvaise répartition de l’eau dans le réseau a été assez rapidement réglée par le recalibrage d’une partie des tuyaux. Mais deux problèmes plus sérieux à long terme sont apparus quant à l’alimentation électrique des pompes d’irrigation et des magasins de stockage.

Le premier concerne le site TK2 dont le raccordement au réseau électrique NIGELEC n’a pas pu être effectué en raison d’une sous-estimation du devis. Le second, que l’on retrouve pour les locaux réfrigérés, vient des coupures de courant de plus en plus longues de NIGELEC. Alors que dans la phase de préparation du programme les coupures étaient au plus de quelques heures par jour, elles sont maintenant de plusieurs jours, ce qui est catastrophique pour les cultures. Le président des maraichers a, par exemple, perdu 70% de sa récolte de pommes de terre. Ces interruptions de courant sont encore potentiellement beaucoup plus graves pour les magasins de stockage réfrigérés puisqu’elles peuvent conduire à la perte du stock qui pour un local de 100 t représente une valeur marchande minimale 38 000 €. Face à cette situation, il a été décidé d’équiper chaque puits et chaque magasin de stockage de groupes électrogènes. Cependant, outre son coût élevé, cette solution est très imparfaite car les groupes électrogènes sont rapidement tombés en panne ce qui a induit de nombreux dépannages. De tels groupes ne sont pas prévus pour un fonctionnement continu dans les conditions de température locale (40-50°C).

 

Malgré toutes ces difficultés la seconde campagne de mars à juin pour TK1 a pu se dérouler à la satisfaction des maraichers. Il faut insister sur le fait que c’est la première fois que des cultures pouvaient être conduites à cette époque de l’année à Dogondoutchi, ce qui valide notre démarche. Un autre motif de satisfaction et élément essentiel pour la réussite du projet, c’est la mise en place d’une organisation des maraichers afin de gérer collectivement le système de perception des redevances pour l’eau consommée, mais aussi pour le financement des activités de formation et de suivi agronomique dont la rotation des cultures.

Quelles sont les décisions prises?

L’objet de l’essentiel des discussions, a été la recherche de moyens pour remédier aux carences de l’alimentation électrique. Nous avons décomposé les différentes actions à entreprendre par chacun et fixé un calendrier des urgences.

Pour l’irrigation, la première urgence est l’alimentation électrique de TK2 qui en est dépourvu, contrairement aux trois autres sites. Un devis de champ solaire à un coût 2 à 3 fois inférieur à celui du raccordement a été validé après mise en concurrence d’autres installateurs; la commande a été lancée sur le reliquat d’argent non encore engagé. L’installation serait finie pour février prochain. Maintenant, reste à trouver le financement pour équiper les 3 autres sites et se mettre à l’abri des délestages de NIGELEC. À partir d’une étude énergétique approfondie effectuée par le président de l’association, un plan de financement pour un projet de 80 000 € a été élaboré au retour de la mission. Il permettrait à l’ensemble des installations un fonctionnement fiable du point de vue technique et organisé de façon pérenne pour en faire un pilote pour des installations futures.

En parallèle, la FCMN a lancé un projet de solarisation de l’alimentation électrique des 3 magasins du département (2 à Dogondoutchi et 1 à Mantakari). Le financement est en bonne voie grâce à une action très efficace et rapide de ASF-CH, son partenaire financier habituel. Notre association a lancé de son côté des demandes auprès des Fondations TOTAL, EDF et SUEZ plus susceptibles de répondre rapidement que l’AFD qui n’a pas de procédure d’urgence.